Variole du singe (Monkeypox)

HAS HCSP MinSanté Mis à jour

Résumé des recommandations

Chapitre lié: HSH

L’infection par le virus de la variole du singe n’est pas connue comme une IST, mais le contact direct avec une peau lésée durant un rapport sexuel facilite la transmission (SPF)
Monkeypox ou variole du singe
Maladie infectieuse liée virus Monkeypox (MPXV, orthopoxvirus). Contamination directe par muqueuse ou peau lésée ou gouttelettes. Contamination également possible par literie, vêtements, vaisselle, linge de bain …
Les zones d’endémie sont les zones forestières d’Afrique du Centre et de l’Ouest avec contamination par des rongeurs sauvages ou des primates (zoonose) puis dans le foyer familial.
Complications de la variole du singe: surinfection cutanées bactériennes, infections respiratoires basses, sepsis, encéphalite, kératites, ou gastro-intestinales avec pertes liquidiennes (HCSP mai 2022).
1837 cas confirmés en France au 26 juillet, à 96% des HSH sans aucun décès en Europe (au 19/07/2022).
Cas suspect de Monkeypox
Signes cliniques évocateurs de Monkeypox sans exposition à risque. Diagnostic biologique.
Pour les enfants, ajouter: durant les 15 jours précédents, contact étroit ou prolongé avec un adulte présentant une infection monkey pox documentée ou très probable. (GPIP et SFP) et l’absence d’argument pour une autre cause, notamment la varicelle.
Cas possible de Monkeypox
Signes cliniques évocateurs de Monkeypox et ≥ 1 exposition à risque (retour d’un pays d’endémie, partenaires sexuels multiples). Diagnostic biologique dispensable si lésions typiques.
Cas probable de Monkeypox
Signes cliniques évocateurs de Monkeypox et lien épidémiologique avec un cas confirmé. Pas de test biologique.
Cas confirmé de Monkeypox
Diagnostic biologique avec qPCR d’Orthopoxvirus positif ± séquençage partiel du virus MKP.
Personne à risque d’exposition au Monkeypox
Contact direct non protégé avec une lésion ou contact à < 2 mètres pendant 3 heures sur la journée.

Définitions de Santé Publique France

Abréviations

HSH
hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes
MPXV
monkeypox virus
PVVIH
personne vivant avec le VIH

Personnes à risque de forme grave de Monkeypox

Personnes à risque de forme grave de Monkeypox:

  • Immunodéprimés (dont PVVIH)
  • Grossesse
    Risque mort fœtale in utero, fausse couche spontanée, transmission materno-fœtale ou périnatale
  • Enfants et adolescents de moins de 18 ans

HCSP mai 2022

Signes de gravité du Monkeypox

Signes de gravité de la variole du singe:

  • Fièvre supérieure à 38,3°C pendant 7 jours
  • Plus de 100 lésions cutanées
  • Douleurs buccales avec odynophagie et dysphagie
  • Adénopathies cervicales volumineuses avec risque de compression des voies aériennes
  • Troubles digestifs
    Nausées, vomissements.
  • Anomalies biologiques
    Transaminases, hypoalbuminémie, hyperleucocytose et thrombopénie.

HCSP mai 2022

Services d’infectiologie d’aide au diagnostic en Ile-de-France.
Un cas suspect doit être confirmé par l’infectiologue référent de l’établissement de santé de référence (ESR).

Examen clinique de tout patient suspect de variole du singe avec tous les moyens de protection (masque FFP2, gants …).

La contagiosité commence dès l’apparition des premiers symptômes.
Délai médian au diagnostic de Monkeypox de 6 jours. L’incubation dure de 5 à 21 jours.
Guérison spontanée en 2 à 3 semaines (voire 4).

La variole du singe est plus grave chez l’enfant et les immunodéprimés.

Interrogatoire et examen clinique d’un patient suspect de Monkeypox

Signes et symptômes de la variole du singe:

  • Fièvre (76%) 1-3 jours
  • Adénopathies (74%)
  • Céphalées, courbatures
  • Éruption vésiculeuse avec contenu liquidien
    • Dessèchement puis croûtes puis cicatrisation
    • Localisation: visage, génito-anale (78%), paumes et plantes, possibles aussi sur tronc et membres.
      Muqueuses buccale ou génitale
  • Odynophagie
  • Diagnostic différentiel du Monkeypox: varicelle, syndrome pieds-mains-bouche, zona, rougeole, infections bactériennes cutanées, gale, syphilis, allergies

Statistiques SPF

Monkeypox et risque pour les enfants

Appel du 15 pour l’avis d’un infectiologue en éruption douteuse.

« Risque très faible d’avoir la maladie et de la transmettre, forte probabilité de diagnostic différentiel bénin devant une éruption vésiculeuse. Les pédiatres restent en même temps vigilants car de nombreuses inconnues persistent. » (Infovac 20/07/2022)

Ordonnance devant des lésions évocatrices de Monkeypox

PCR Monkeypox sur des lésions muqueuses voire cutanées ou oropharyngée.

Indications limitées à la PCR Monkeypox:

  • Signes cliniques évocateurs de Monkeypox sans exposition à risque (= cas suspect)
  • Signes cliniques évocateurs de Monkeypox et ≥ 1 exposition à risque (retour d’un pays d’endémie, partenaires sexuels multiples) avec des lésions atypiques

Pas de PCR en cas de signes cliniques évocateurs de Monkeypox et lien épidémiologique avec un cas confirmé (= cas probable) ou de signes cliniques évocateurs de Monkeypox et ≥ 1 exposition à risque (retour d’un pays d’endémie, partenaires sexuels multiples) avec des lésions typiques.

Isolement immédiat dans l’attente des résultats.

Personnes à vacciner contre Monkeypox

Toutes les personnes avec risque élevé d’exposition au virus:

HAS 08/07/2022

Le schéma de vaccination est identique à la vaccination Monkeypox post-exposition (voir Traitement).
Liste des Centres de vaccination contre Monkeypox ou spécifiques de l’Ile-de-France.

Le traitement du Monkeypox est symptomatique avec la prévention des surinfections cutanéo-muqueuses.

Prise en charge recommandée en cas de variole du singe:

  • Isolement 21 jours immédiat, y compris au sein du logement
  • Prévenir la ré-inoculation: éviter le grattage des lésions, couvrir les lésions
  • Remettre la fiche d’information patient Monkeypox (PDF)
  • Autres mesures: éloigner les animaux de compagnie
  • Contact tracing
    avec auto-surveillance jusqu’à 3 semaines post-contact
  • Vaccination post-exposition des contacts
    • Où se faire vacciner contre Monkeypox ?
    • Dans les 4 à 14 jours après l’exposition à risque. Au cas par cas chez l’enfant
    • Vaccins Imvanex et Jynneos dont la protection n’est pas immédiate
    • 2 doses à J0-J28, les vaccins sont interchangeables
    • 1 seule dose si déjà vacciné contre la variole, 3 doses si immunodépression
  • Dépistage des IST si rapports à risque

Antiviral Tecovirimat

Antiviral disponible en gélules indiqué chez les personnes à risque de forme grave de variole du singe (voir Personnes à risque de forme grave). La durée de prise du tecovirimat est de 14 jours.