Rosacée

Couperose

BAD Mis à jour

Résumé des recommandations

  • Le diagnostic est clinique: visage médian rouge de l’adulte avec bouffées vasomotrices
  • Le traitement est suspensif avec rechutes à l’arrêt
  • Atteinte oculaire possible
  • Métronidazole gel 0,75% x 2/j pendant 3 mois en 1re intention
  • Contre-indication aux dermocorticoïdes

Rosacée
Dermatose faciale chronique fréquente chez l’adulte d’âge moyen à peau claire (Fitzpatrick I-III). L’atteinte est médiane: nez, front, joues et menton. Prédominance féminine (2/3) et maximale entre 35-50 ans.
Formes initiales déclenchées par climat froid, travail à la chaleur, photo-exposition. Puis évolution chronique avec poussées de papules et pustules sans facteur déclenchant.
Atteinte typique avec flushs, érythème du visage et télangiectasies et périodes inflammatoires développant des papulopustules.
Aboutit à des complications oculaires fréquentes (50%): blépharite, xérose, conjonctivite.
Évolution spontanément favorable après plusieurs années pour 40% des patients.
Dermatose mixte du visage
Fréquente, lorsque rosacée et dermatite séborrhéique sont associées.

Le diagnostic est clinique pour ses différentes variantes cliniques.

Interrogatoire

  • Ancienneté, flushs
  • Traitements essayés

Examen clinique

  • Phototype
  • Signes différentiels
    Applications de dermocorticoïdes, atrophie, hyperkératose, photosensibilité, comédons, squames.

Forme érythématotélangiectasique (vasculaire)

Bouffées vasomotrices paroxystiques ou flushs
Rougeur paroxystique du visage et du cou avec sensation de chaleur durant quelques minutes.
Facteurs déclenchants: changement de température, ingestion de boisson chaude, alcool, épices.
Aucun signe systémique et récupération spontanée totale en quelques minutes.

Rosacée érythémato-télangiectasique permanente.
Atteinte permanente des joues, nez, menton, front en partie médiane avec:

  • érythrose (érythème diffus s’effaçant en vitropression)
  • et télangiectasies des joues et ailes du nez (ou couperose)
  • Flushs parfois surajoutés

Forme papulopustuleuse (inflammatoire)

Forme clinique la plus caractéristique avec papules inflammatoires et pustules indolores survenant sur un fond érythémateux permanent. Extension variable.

Signes négatifs (différences avec l’acné): respect péri-buccal et péri-oculaire, pas de comédon, de cicatrice ou de douleurs.

Forme hypertrophique - Rhinophyma

Homme +50 ans à 95%.
Hypertrophie du nez, rouge avec orifices folliculaires dilatés. Peau épaissie avec aspect de « trogne ».
N’est pas synonyme d’alcoolisme.
Aucune régression après installation.

Rosacée stéroïdienne

Liée à l’utilisation prolongée de dermocorticoïdes forts.
Corticodépendance, érythème desquamatif, grandes télangiectasies des zones péri-buccale et péri-oculaire.

  • Acné
    Adolescent, visage, cou et tronc, comédons, pas de flushs/érythème/télangiectasies, papules douloureuses.
  • Dermatite séborrhéique
    Fréquemment associée.
    Localisations séborrhées (scalp, rétroauriculaires, paupières, sillons nasogéniens), fond érythémateux parsemé de squames grasses.
  • Lupus érythémateux
    Pas de flushs, pas de papules/pustules, atrophie et hyperkératose, photosensibilité, vespertilio.
  • Syndrome carcinoïde
    Flushs prolongés, généralisés, sévères, sudation, bronchospasme, douleurs abdominales voire diarrhées.
  • Sarcoïdose nasale

Objectifs: réduire les symptômes, préserver le capital esthétique et prévenir les complications.

Contre-indication formelle aux dermocorticoïdes dans la rosacée

Traitement au long cours car suspensif seulement.

Mesures hygiéno-diététiques

  • Fiche d’information patient
  • Éviter les facteurs favorisants
    Alcool, soleil, boissons chaudes and alimentation épicée.
  • Toilette à l’eau tiède puis émollient fluide
  • Éviter les topiques gras et fonds de teint occlusifs
  • Photoprotection
  • Soutien psychologique

Selon les Annales de Dermato, intérêt de rechercher systématiquement:

  • Une infection à Helicobacter pylori avec traitement ad-hoc
  • Une pullulation microbienne digestive, traitée par rifampicine 600 mg x 2/j pendant 10 jours

Forme érythémato-télangiectasique

  • Flush invalidants
    Propranolol 30-120 mg/j (Logger 2020)
  • Érythème facial
    • Brimonidine 0,3% gel (Mirvaso®) x 1/j (résurgence à l’arrêt)
    • Oxymetazoline non disponible en France.
    • Voire laser par le dermatologue
  • Télangiectasies
    Adresser au dermatologue pour laser ou électrocoagulation.

Forme papulopustuleuse mineure

Métronidazole 0,75% gel (Rozex®, gén) x 2/j pendant 3 mois

Effet indésirable: xérose cutanée.

Traitements de 2e intention

Acide azélaïque 15% gel (Finacéa®) x 2/j pendant 3 mois

Contre-indication: grossesse.
Effets indésirables: irritation locale, érythème ,desquamation, xérose, sensation de brûlure, prurit, photosensibilité, hypopigmentation de peau mate.

Autres:

Papulopustules diffuses

Atteinte papulopustuleuse marquée et oculaire.

1. Traitement d’attaque

Doxycycline 100 mg (Vibramycine N®, gén) pendant le dîner pendant 3 mois
Ne pas s’allonger dans l’heure qui suit.
± associée au métronidazole topique

NB. Prescrire® rapporte une efficacité comparable de la doxycycline 50 mg/j pour une tolérance bien meilleure.

Effets indésirables: troubles digestifs, réactions cutanées, vaginites, HTIC, photosensibilité, atteinte hépatique.
Contre-indications: grossesse/allaitement.

Traitement d’attaque de 2e intention:

  • Azithromycine
  • Clarithromycine
  • Érythromycine per os (Erythrocine®)
    Effets indésirables: diarrhées, allongement QT, atteinte auditive réversible.
  • Oxytetracycline

Isotrétinoïne envisageable seulement par le dermatologue.

2. Traitement d’entretien

Métronidazole gel 0,75% (Rozex®, gén) x 1-2/j
Adresser au dermatologue en cas de résistance aux traitements de première intention.

Rhinophyma

Adresser au dermatologue pour chirurgie ou laser.

Atteinte oculaire

  • Avis ophtalmologique
  • Éviter les facteurs irritants
    • Climatisation, chauffage intensif, fumées, maquillages périoculaires
    • Iatrogénie (antidépresseurs, anxiolytiques)
  • Larmes artificielles
  • Soins de blépharite
    Lavage quotidien, expression du contenu des glandes de Mebomius, gels palpébraux.

  • Maladie fréquente de la peau du visage, de cause inconnue mais bénigne.
  • Début par bouffées avec éléments déclenchants puis s’installe avec une rougeur permanente du visage, des vaisseaux se dilatent.
    L’évolution fluctue. 4 personnes sur 10 guérissent spontanément après plusieurs années.
  • Traitements locaux ou généraux à visée symptomatique selon l’étendue des lésions.
  • Suivi prolongé par risque d’atteinte oculaire et effet suspensif des traitements
  • Se protéger du soleil lorsqu’on utilise ces traitements.
  • Garder un double de l’ordonnance sur soi pour la montrer lors de chaque consultation médicale.
  • Ne jamais utiliser de corticoïdes en crème.